Le récit

« Au début, je pensais que je me battais pour sauver les hévéas...

— Chico Mendes, leader militant pour la protection de la forêt amazonienne. Assassiné pour ses idées par des propriétaires terriens.

Chico Mendes et sa femme, Ilsamar Mendes

Chico Mendes et sa femme, Ilsamar Mendes Dans leur maison à Xapuri dans l’état de l’Acre au Brésil en 1988

© Photo Miranda Smith, Miranda Productions, Inc.

Maison d'une famille de seringueiro Réserve Chico Mendes en Amazonie, 2013

© Photo Vincent Desailly

L’une des matières premières principale des VEJA est le caoutchouc.
130 tonnes de caoutchouc sauvage acheté depuis 2004, c’est 120 000 hectares cumulés de forêt amazonienne sauvegardée.

Cette matière est présente dans chaque semelle de basket. Nous achetons le caoutchouc directement dans la forêt amazonienne, à des communautés de “seringueiros”.

Les semelles des VEJA sont composées de 30 à 40% de caoutchouc naturel.

Pour un kilo de caoutchouc récolté, 1,2 ha de forêt est protégé chaque année.

En 2017, VEJA achète le caoutchouc sauvage brésilien 2,77€/kg. En comparaison, le caoutchouc synthétique se négocie en fonction du cours du pétrole et variait entre 1,35€/kg et 2,55€/kg.

L'objectif : valoriser la forêt économiquement afin de la protéger.

Localisation GPS des producteurs de caoutchouc

Welcome
to the jungle

Voyage d'équipe VEJA dans la réserve de Chico Mendes

© Video Studio VEJA

L’Amazonie est le seul endroit au monde où poussent les hévéas, les arbres à caoutchouc, à l’état sauvage. C’est dans l’état de l’Acre que les Seringueiros, les saigneurs d’hévéas, récoltent le caoutchouc utilisé pour les semelles VEJA.

Les seringueiros vivent dans la forêt et de la forêt. Tous les matins, ils parcourent les étendues de forêt dont ils possèdent le droit d’exploitation et saignent les arbres à caoutchouc selon un parcours que eux seuls connaissent. Ce procédé permet aux arbres de se régénérer. Chaque seringueiro récolte en moyenne 25L de caoutchouc par jour.

seringueiro

Un seringueiro saignant les hévéas, les arbres à caoutchoucAmazonie, 2016

© Photos Ludovic Carème

VEJA travaille depuis 2007 avec l’association Amopreab, qui coordonne la production de caoutchouc et rémunère les seringueiros dans la réserve Chico Mendes. Dans l’Acre, VEJA travaille également avec deux associations supplémentaires : « Parque da Cigana » & « Seringal Curralinho ». Aujourd’hui 120 familles membres sont impliquées dans notre projet.

voyages presse

Voyage de presse avec GQ, Grazia et RTLAmazonie, 2015

© Photos Ludovic Carème

Antonio,
seringueiro,
gardien de la forêt amazonienne

Extrait du journal de voyage VEJA
du 17 octobre 2016 :

Nous avons rencontré senhor Antonio la semaine dernière en Amazonie. Il nous a présenté sa femme et sa famille, ses enfants et ses petits-enfants. Il nous a emmenés dans la forêt et, en marchant, nous a raconté son histoire.

Il a toujours été seringueiro, comme son père, qui vivait déjà de la forêt, avant lui. Il a lutté pour sa liberté aux côtés de Chico Mendes, le célèbre militant syndicaliste brésilien, dans les années 80.

Antonio

AntonioSeringueiro de la réserve Chico Mendes

© Photos Studio VEJA

Les bûcherons ont menacé de le tuer, puis la police est venue l’arrêter. Toute la communauté a dit aux flics: "Si vous l’emmenez, nous venons tous avec vous". Antonio a poursuivi la société forestière en justice et a gagné le procès : les arbres ont pu rester debout.

C’était bouleversant de l'écouter, parce que nous ne savions pas que ce genre de pratiques existaient encore. Et pourtant, oui, la déforestation illégale est toujours pratiquée en Amazonie, et oui, il y a des gens comme Antonio qui se battent, qui consacrent leur vie à la protection de la forêt tropicale.

L'année dernière, nous avons acheté 300 kilos de caoutchouc à son fils Pedro - avec lesquels nous fabriquerons 1400 paires de baskets.

Bia Saldanha,
l’activiste de l’Amazonie

Nia

Depuis 2007, VEJA travaille en collaboration avec Bia Saldanha. Cette militante écologiste, co-fondatrice du parti Vert brésilien en 1983, est connue pour son implication dans la protection de la forêt amazonienne, où elle travaille avec les communautés locales de seringueiros depuis les années 1980 et sa rencontre avec le leader militant Chico Mendes.

Pour protéger la forêt, elle accompagne les seringueiros au quotidien dans leur activité et coordonne pour VEJA les différents acteurs de la filière caoutchouc. Elle fournit également un support technique, qui permet aux seringueiros de transformer eux-mêmes leur caoutchouc brut en un produit semi-fini grâce au procédé FDL ou Liquid Rubber Technology.

Processus de transformation du caoutchouc sauvage liquide en feuille de caoutchouc

Processus de transformation du caoutchouc sauvage liquide en feuille de caoutchoucAmazonie, 2016

© Photos Ludovic Carème

La technologie au service de la forêt Amazonienne

Le procédé FDL, « Folha Desfumada Liquida » (Feuille fumée liquide) a été développé à l’Université de Brasilia par le professeur Floriano Pastore. Il permet aux producteurs de transformer le latex en feuilles de caoutchouc, sans étape industrielle intermédiaire.

Un kit technique co-financé par l'Etat, VEJA et WWF est fourni aux seringueiros. Ce kit contient des bouteilles d'acide pyroligneux et une calandre. Une fois récolté, le caoutchouc liquide - il ressemble à du lait plus épais - est ramené dans des bidons. Le caoutchouc est mélangé à l'acide pyroligneux dans la calandre, ce qui provoque sa coagulation. A la fin de cette étape, les seringueiros obtiennent du caoutchouc sous forme de pâte. Elle est étalée en feuilles d'environ 1m x 1m x 2cm, pendue comme du linge. Une fois sèches, elles sont empilées en ballots de 100 feuilles.

Avec cette technique, le caoutchouc atteint une pureté supérieure, ne souffre pas d'oxydation, et permet d’obtenir une plus grande élasticité.

seringueiro
bacs
caoutchouc suspendu
semelle carrée

Ce procédé est à la fois une innovation technologique et sociale, puisqu'il crée également de la valeur dans la chaîne d'approvisionnement, en générant plus de revenus pour les producteurs de caoutchouc qui vendent un produit semi-fini. Il réduit ainsi l'attrait financier de la déforestation